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Interview Focus ISIYU.FR x KENZY, l’évolution d’un artiste

08/18/2017 - FOCUS, INTERVIEWS
Interview Focus ISIYU.FR x KENZY, l’évolution d’un artiste

FOCUS SUR KENZY

L’histoire de Kenzy débute dans les cités de Grand Camp. Encore au collège, il découvre les premiers sound system du Wu Tang Park et ressent l’envie de mettre en musique les textes qu’il écrivait déjà seul dans sa chambre.
Nourri au rap français et aux compiles dancehall des années 2000, il développe un style alliant la recherche de la rime parfaite au flow du singjay.
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En 2003, Kenzy intègre le Black Scare Crew, ayant comme leader Keros-n.
La même année il décide de coréaliser une mixtape qui rassemblera les dj du moment. C’est ainsi que né Tune Afta Tune.
En 2005, Kenzy s’installe à Paris et enregistre un album avec Rafya (son frère) intitulé «  Show Dem ». C’est le point de départ de dix années de duo.Ils enregistrent le titre qui les fera connaître du tout public dancehall, le tonitruant «  Come Back » qui dépassera les frontières hexagonales.
L’année d’après, ils sortent un second album dont le titre promo «  Nou ka pran pié la » en featuring avec Admiral T se classera numéro 1 des hits radio durant plusieurs semaines.
En 2010, Kenzy reprend le titre de Gyptian – Hold yuh et signe un véritable tube intitulé «  Gyal ou biswen lanmou ».
Suite à ce succès, ils sortent un double maxi 14 titres leur permettant de faire découvrir leurs univers respectifs. Cet opus sera intitulé «  Esansyel & Eclektik » et se voudra empreint de soul et de mélodies caribéennes.
Après une tournée dans l’hexagone et des concerts live aux Antilles, le duo signe au sein du label Section Zouk et sort le titre « Mélissa » en combinaison avec Fuckly.
En 2016, Kenzy pose ses valises en Guadeloupe et démarre une carrière en solo. Le premier single de son album s’intitule « Kalkilé ».
Aujourd’hui en 2017, le clip « Kalkilé » annonce son retour dans le « game ». Dans son nouveau clip, douceur et mélancolie sont au rendez-vous. A trop calculer, on finit par briser une relation qui avait tout pour durer.

 INTERVIEW FOCUS – KENZY

Isiyu.fr : Peux-tu te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?

Kenzy : Salut, je suis Kenzy, artiste reggae dancehall guadeloupéen. J’ai commencé la musique au début des années 2000. On a pu me retrouver sur de nombreuses mixtapes et one riddim. J’ai aussi trois albums à mon actif. Le grand public a pu me découvrir à travers des titres tels que “ come back “ ,  “ bizwen lanmou ” ou encore “Bangkok” pour ne citer qu’eux.

Isiyu.fr : On t’a découvert à l’époque en duo avec ton frère Rafya, que devient cette collaboration ? Pourquoi une carrière solo maintenant ?

Kenzy : Le duo Kenzy & Rafya a dix ans d’existence. C’est une histoire forte, car nous sommes frères et très complices. En 2016, j’ai fait le choix de m’installer en Guadeloupe et cela a forcément des conséquences. Rafya avait déjà l’envie de lever le pied par rapport à la musique et mon départ a un peu accéléré les choses. Donc nous sommes toujours frères, complices, mais le duo n’existe plus.

La carrière solo est un choix fort. C’est l’envie de travailler sur des choses plus personnelles et donner ma couleur aux titres. Nous n’étions pas prisonniers du duo bien au contraire. Je vis cela comme un nouveau challenge et l’opportunité de partager davantage de choses avec mon public. C’est le bon moment.

Isiyu.fr : Ton dernier titre “Kalkilé” diffère du style dancehall qui te colle à la peau. Peux-tu nous parler des conditions de création de ce titre ?

Kenzy : Kalkilé est un titre que j’aime particulièrement. Je l’ai écrit il y a de cela 3 ans. Mon inspiration est un mélange à la fois de mon vécu et de ce que j’entends ou que l’on me raconte. Ce n’est pas mon titre le plus personnel. Il décortique un conflit qui apparaît avec le temps dans les couples. C’est un exercice que j’affectionne particulièrement. Montrer à celui qui m’écoute que ce qu’il traverse arrive à d’autres.

J’ai travaillé avec Mr Francky sur ce morceau. J’avais deux idées en tête, le saxophone et une rythmique tropicale. On a testé beaucoup de sonorités et d’ambiance. Une fois la base obtenue nous avons invité un saxophoniste. Ce fut une belle expérience comme toujours. C’est un compositeur hors – pair.

Ce titre est différent, car il donne un indice sur l’évolution de mon style, de ma musique.

Isiyu.fr : Faut-il s’attendre donc à une évolution de ton style vers du mainstream, quelque chose destiné à un nouveau public ?

Kenzy : Une évolution de mon style oui à 100%. Je grandis, j’évolue, j’écoute et je vis de nouvelles choses. Forcément, je suis influencé. Le Kenzy d’il y a 5 ans a laissé place à plus de maturité. Néanmoins je viens de l’école des sound system, des clash et de l’égotrip et ça ne meurt jamais ^^.

Le Mainstream j’y ai toujours été. Quand tu sors un morceau et qu’il est chanté par une foule, tu es mainstream. La différence ce sont les choix que tu fais après. Est-ce que tu essaies de “plaire” ou est-ce que tu continues à faire ce que tu sais faire ?

Moi je fais ce que j’aime et si ça plaît tant mieux. Mon public m’est fidèle depuis mes débuts. Mais j’ai aussi envie de le surprendre, de lui montrer ce que je sais faire, ce que j’ai appris et ce vers quoi je l’ emmène.

Mon univers est varié depuis toujours et cela ne changera pas.

Isiyu.fr : Quels sont tes projets dans un futur proche ?

Kenzy : On prépare le 2eme single. Le clip est prévu fin Août. J’espère qu’il plaira au public. Je vais enchaîner les single jusqu’à la sortie de l’album. J’ai été bien trop silencieux et absent, il est temps de réparer cela.

Isiyu.fr : Peut-on revenir sur ta collaboration avec Fuckly sur le titre aux sonorités kompa “Melissa” ? Comment arrive-t-on à cette collaboration ? Parle-nous du GGDN.

Kenzy : Le titre Melissa est arrivé par hasard. Je cherchais des instrus et naturellement je me suis tourné vers mon ami et compositeur Staniski. Il m’a fait écouter plusieurs titres sans grand succès. Puis il m’explique qu’il a une composition qui était destinée à un artiste, mais qui n’a pas été retenue et qu’il ne savait pas quoi en faire. Curieux je lui demande de me faire écouter. Et là comme une évidence j’ai un refrain vieux d’un an qui me revient et qui colle parfaitement à la mélodie et à la rythmique. J’enregistre une maquette, je l’envoie à Rafya qui accroche de suite.

Jamais satisfait de nature, je lui dis qu’un featuring serait une excellente idée. Fuckly nous vient direct à l’esprit. Je l’appelle, il écoute, il valide et écrit son couplet le jour même. Deux semaines plus tard nous étions en studio et dans la foulée en Guadeloupe pour le clip.

Encore une très belle expérience.

GGDN est une artiste qui aime profondément la musique et qui a ce don de pouvoir tirer le meilleur des artistes avec lesquelles il collabore. Ce fut le cas pour nous et nous en gardons un excellent souvenir.

Isiyu.fr : Que penses-tu de l’évolution du dancehall underground aux Antilles et plus particulièrement en Guadeloupe ? La scène underground est elle toujours présente ?

Kenzy : La musique même a évolué pas que le dancehall. Avec les réseaux sociaux et la rareté des sound system le mouvement underground n’existe plus véritablement. Quand j’ai commencé nous n’avions pas les moyens actuels pour nous faire connaître c’était aussi ça l’underground. Sans parler de l’engagement dans les textes.

Je trouve que le mouvement dancehall a un peu trop laissé la place aux autres styles (rap, trap, bouyon..). Ce sont des musiques que j’aime, mais en tant qu’artiste issu du dancehall j’aurais souhaité retrouver cette ferveur et cet engouement.

Car la vérité est qu’en soirée quand certains n’osent pas le bouyon ou ne sont pas d’humeur à zouker, seul un bon Vybz Kartel fait l’unanimité.

Les artistes sont présents, l’underground subsiste, mais il est urgent de raviver la flamme.

Isiyu.fr : On constate ces dernières années qu’il y a un professionnalisme au niveau des nouvelles productions. Penses-tu que le travail est suffisant ? A-t-on besoin de structures ?

Kenzy : Les artistes font beaucoup d’efforts et commencent à maîtriser les codes.

Malheureusement les productions disparaissent. La musique ne rapporte plus autant qu’avant et très peu investissent encore. Nous sommes nombreux à être indépendants et à nous auto-financer.

Oui je pense que nous avons besoin de structures, de vrais labels. Mais avant tout il est nécessaire que nous acteurs de la musique (chanteurs, compositeurs, réalisateurs…) soyons conscients de la réalité de notre marché.

Il est primordial de s’entendre et de comprendre que ce n’est qu’ensemble que l’on y arrivera.

Cette prise de conscience nous permettra d’être plus forts face aux médias qui eux aussi subissent la loi de l’international et du mainstream.

Je pense qu’une remise en question est nécessaire. Il serait enfin temps qu’au lieu de juste citer les américains on finisse par véritablement agir comme eux.

Isiyu.fr : Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Kenzy : Du bonheur et de la réussite. Je fais déjà la musique que j’aime et je n’ai qu’une hâte c’est de la faire découvrir au public.

Je remercie Isiyu au passage pour l’opportunité qui m’est donnée de parler de mon projet. Vous faîtes aussi partie des acteurs et nous avons besoin de vous.


KENZY est présent sur les réseaux sociaux :
 Twitter       : https://twitter.com/Kenzy_Officiel
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Passionné par la musique Hip hop, surtout le Rap et la Trap US. J'écoute tous les styles de musique du hardcore au classique en passant par le genre tropical. Informaticien de métier, je suis également Compositeur de beats Rap, Trap & Soul Trap. Durant mes temps libres je suis également Webmaster, Producteur, Réalisateur de clip vidéo et opérateur de drone sous le blaze "Siks Musik". Rejoins mois sur le chatbot Isiyu.fr : https://chatfuel.com/bot/isiyu.fr

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